Colombie #6 : l’air de la fin

// 24 – 29 juillet 2018 //

Après une petite semaine dans la chaleur de la côte caraïbe, une pause fraîcheur est réclamée par l’ensemble du groupe et c’est ainsi que nous nous retrouvons à Minca, un village situé sur les contreforts de la Sierra Nevada à moins d’une heure de route de Santa Marta. Il fait déjà nuit quand nous arrivons sur la « place » du village où comme à Rincon, une horde de motos taxi se rue sur nous pour nous proposer de nous monter jusqu’à notre hôtel, perché sur les hauteurs de la forêt.

« C’est combien par personne ? »
– 25 000 pesos
– Normalement c’est 20 000, c’est ce qui est écrit dans notre  guide
– Oui mais là c’est le tarif de nuit, car c’est plus dangereux la nuit sur la piste
– C’est pas rassurant ça, il n’y a pas une jeep sinon ?
– Oui mais c’est 120 000 pour tous les quatre  
– Bon ok alors on va se débrouiller autrement
 
On décide d’appeler l’hôtel qui nous envoie une jeep pour une somme bien plus raisonnable, tant pis pour le gang des motos taxi ! Tant pis aussi pour nos estomacs car l’attente a entraîné la faim et cette faim a été calmée par les gagnants du guiness des records des burgers les plus gras du monde.Une fois installés à l’arrière du véhicule presque tout confort, on est lancé sur une piste totalement cabossée, ça secoue dans tous les sens, il faut éviter les branches (pas facile quand il fait nuit), on traverse des ruisseaux et on monte péniblement une longue côte avant d’arriver ENFIN à l’hôtel : il se mérite ce havre de paix !
 
Nous la découvrons mieux le lendemain matin au réveil : on est entouré d’une végétation luxuriante, la vue sur la vallée est superbe, il y a un couple de paons (Léon !), des poules, deux perroquets (Blue et Margarita), un chat (Lola) et un chien (Panda). L’équipe qui s’occupe du lieu est très sympa, surtout les deux filles qui sont aux petits soins avec nous et cuisinent vraiment bien. Une cuisine d’inspiration européenne s’il vous plaît ! « Oui j’ai appris en regardant des vidéos de cuisine sur YouTube ! » nous dit avec fierté Christie, sourire juvénile et déjà maman d’une adorable petite qui la suit de partout. On se permet donc de lui demander de nous préparer pour le repas du lendemain midi des pâtes pesto, et ce qu’on peut dire c’est que l’autodidacte Christie pourrait ouvrir son resto. C’est donc l’endroit parfait pour se poser, se caler dans les hamacs et écouter les bruits de la nature. On fera quand même une descente à la cascade Marinka située un peu plus bas sur la piste, une double cascade où l’on peut se baigner et grimper (un peu). On profite une dernière fois d’un excellent repas concocté par Christie avant de quitter ce lieu si apaisant. 
 
Notre départ est rocambolesque puisqu’il nous manque environ 50 000 pesos en liquide pour payer la note. Aucun souci, il y a un appareil à carte bleue sur la grande terrasse. Qui se révèle être un appareil d’ornement car pendant plus d’une heure Christie essaiera de le faire fonctionner allant jusqu’à tenter de le connecter via le wifi des voisins en le tenant à bout de bras au-dessus du vide. On se met donc d’accord de descendre au village pour retirer. Heureusement, le miracle se produit : Mathias retrouve par hasard de l’argent dans son sac. Enfin, c’est surtout qu’il a appliqué ce que nous nommerons désormais la technique d’Ingrid qui est de semer de l’argent un peu partout dans ses affaires et d’avoir la joie et la surprise de le retrouver à des moments fort opportuns (quoi ? on nous souffle dan l’oreillette qu’il faut bien trouver une utilité au fait d’être bordélique… !). 
 

On retrouve sans trop de plaisir le terminal de Santa Maria pour prendre un bus de nuit (le dernier du voyage !) qui nous amène directement à San Gil dans la région verdoyante de Santander. Au petit matin le trajet direct se transforme en trajet avec changement de bus, pas grave, on commence à les connaître ces petites surprises des compagnies de bus colombiennes ! On en a quand même plein les pattes quand nous arrivons à San Gil mais la découverte notre auberge nous réconforte, il y a un agréable jardin et du bon café. Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Mathias qui fête ses 27 ans (le jeunot !) alors on essaie de lui préparer une petite surprise pour le soir. Trouver des décorations d’anniversaire et un gâteau personnalisé ? Check ! Sauf que… sauf que le soir quand nous sortons pour aller chercher le gâteau, c’est le déluge dehors. Notre auberge donne sur une rue en forte pente qui est en train de se transformer en cascade, bienvenue à l’Aqualand colombien ! On hésite un peu puis on se lance en se disant que sur les trottoirs on sera plus au sec… CROIS LE ! La pluie redouble d’intensité et la quantité d’eau qui se déverse dans les rues atteint un débit impressionnant, on est trempés jusqu’aux os (Charlotte qui est en sandales se demande si elle ne va pas choper une maladie avec toutes les crottes de chien qui ont dû se décomposer et se mélanger à l’eau #typhus) et on finit comme la plupart des habitants par se réfugier à l’intérieur d’un magasin. Mais pas de chance celui-ci commence par être inondé par l’eau qui rentre à l’intérieur et les employés semblent impuissants avec leurs petits balais pour contenir le désastre qui s’annonce. Là ça commence vraiment à être sérieux et on se demande comment les voitures, et encore pire, les motos, arrivent encore à circuler alors que le niveau et la puissance de l’eau sont montés à un stade inquiétant. Heureusement, l’orage semble se calmer et nous pouvons de nouveau ressortir pour aller chercher ce putain de gâteau !

La suite est peu glorieuse : le bar dansant qu’on nous avait conseillé pour faire l’anniversaire est vide, il n’y a pas ou presque pas de lumière, on y arrive totalement trempés mais on installe quand même les éléments de décoration pour la surprise. Alors comment vous dire, en fait il faut imaginer un anniversaire totalement cheap digne de Groland, mais Mathias retiendra surtout l’intention et aura même droit à un mojito gratuit de la part du patron, youhou !

Le lendemain la ville panse ses plaies et on apprendra qu’il a plu l’équivalent de 15 jours de pluie en une soirée, que de nombreuses familles ont dû être déplacées et que tristement un enfant de huit ans est mort… Les habitants continuent leur vie et nous on prend de la hauteur et rejoignons le canyon Chicamoca, car oui, c’est l’heure du vol en parapente ! C’était le cadeau de Charlotte pour Rémi et tout le monde l’accompagne pour cette sortie dans les airs. Avant le vol, personne ne fait le fier, c’est un mélange d’excitation et d’appréhension. Charlotte sera la première à s’envoler, suivi de Mathias, Ingrid et puis Rémi qui de suite se sent super à l’aise, bien installé devant le pilote (qui doit avoir 20 ans à tout casser !) avec plus de 2000 mètres de vide sous les pieds. Il le fait monter très haut dans les nuages puis lui demande au bout du moment : « Tu veux un peu d’acrobaties ? » Oh que oui ! Et là c’est parti pour quelques secondes de pure adrénaline, Rémi ne peut pas s’empêcher de crier de bizarres « ouhouhouh ! » ou bien « popopopo ! » pendant les manœuvres du pilote, avant de le remercier à la fin d’un « excellente, gracias ! ». A la vue de sa figure blanchâtre, on comprend que Charlotte a un peu moins kiffé son vol #malaucoeur mais personne ne regrette de l’avoir fait, une expérience de plus, une !
 

Nous nous remettons tranquillement de nos émotions et le jour suivant, c’est déjà l’heure de rentrer à Bogota pour notre dernier jour du voyage… Une dernière journée de bus, éprouvante, sans visite, qui fera naître de bonnes tensions nous rappelant que le voyage au long cours n’est pas un long fleuve tranquille et que surtout, la perspective du retour en France s’annonce compliquée à gérer. On évacuera tout ça autour d’un ultime très bon repas dans une cevicheria de Bogota, le temps de se dire au revoir avec Mathias et Ingrid. Le lendemain matin en attendant notre vol, on se fait un dernier plaisir en profitant de l’immense jacuzzi au dernier étage de notre hôtel (oui pour la dernière soirée on voulait du confort !). Moment de détente et de nostalgie. Puis vient le taxi pour nous emmener à l’aéroport. Les larmes commencent à couler, nous sommes à la fois heureux et tristes. Heureux d’avoir vécu tout ce périple magnifique de sept mois en Amérique du Sud, tristes de quitter ce continent qui nous aura tant apporté et tant marqués. Un dernier regard par le hublot, ça y est l’avion décolle et prend de la hauteur. Il bouge de là…

6 commentaires

  1. Bon voilà notre dernier commentaire et cela fait drôle sachant que vous êtes déjà rentrés. Ces rendez-vous plus ou moins réguliers avec Bouge de là vont nous manquer. Quand le matin au réveil on découvrait dans la boîte mail un nouvel article, sa lecture dans le lit généralement, le commentaire à deux mains, … Grâce à vous on a découvert un continent et vécu vos aventures (les lacs, les cascades, les sommets, les randonnées, les rencontres, les téléphériques, les villes, … ) et on a aimé partager vos réflexions. On s’est régalé de vos magnifiques photos dont on espère que vous nous ferez un album des plus belles … quand vous aurez le temps 😉
    On sent la nostalgie dans ce dernier article. Mais en même temps encore des découvertes.
    L’orage à San Gil … votre vidéo vaut bien celle tournée dans la rue de la République à Aubagne jeudi dernier … Le vol en parapente (à quand à Montclar ? ) …
    Et pour finir on se souviendra longtemps de votre retour surprise à Montclar, trop d’émotions et un côté surréaliste.

    1. Merci Sylvie et Gérard, nos fans les plus assidus ! On est heureux que vous ayez pris autant de plaisir à nous lire que nous à écrire et partager ce que nous vivions, comme quoi la distance rapproche ! Et on appréciait beaucoup découvrir vos commentaires à chaque article ! Du coup, désolé, mais on est de retour… !

  2. Bon c est bien beau tout ça , mais pas un seul reportage sur le Paraguay, le Brésil et encore moins sur le Cambodge ou sur le Japon. Va t on etre obligé d y aller nous meme? En fait j aimerai bien découvrir, a travers vous , l Ardeche profonde!
    GROS BISOUS

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